Deverne est un artiste plasticien né en 1927 et décédé en 2012.

Le double enseignement de sa formation qu’il reçoit aux Arts décoratifs et aux Beaux-Arts de Paris dans les années 50, lui fait maîtriser un certain nombre de techniques, toutes soumises à la discipline du dessin. Il débute sa carrière en tant que graphiste en travaillant notamment avec l’affichiste de renom, Jean Carlu.

Aujourd’hui, Deverne est avant tout connu pour ses œuvres monumentales (Mosaïque du quartier de la Défense à Paris, sculptures géantes à Rio de Janeiro au Brésil, etc.) qui tissent un lien entre l’architecture et les arts plastiques. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions et rétrospectives (Musée Carnavalet en 2007, Grand Palais en 1989, Centre Pompidou en 1978, etc.). Qu’il travaille le métal pour ses sculptures, la mosaïque, ou encore le collage papier, il pense espace architectural, ce que Le Corbusier appelait l’espace indicible.

L’art cinétique est pour lui une source d’inspiration importante, fondé sur l’illusion d’optique, sur le mouvement virtuel de l’œuvre dans l’œil du spectateur. Il s’inspire également du constructivisme, qui lui aussi est d’esprit géométrique. Il préfère d’ailleurs parler « d’art construit », terme qui renvoie à une dimension architecturale. Ces structures s’animent progressivement en jouant de l’ombre et de la lumière dans un flux étudié. Rien en effet n’y est clos, en suspens ou en arrêt, ni laissé au hasard, mais agencé patiemment.

Lorsque la couleur intervient et habille les collages, on retrouve le même sens de l’espace que dans ses structures monumentales, la même tension des contraires, la même récurrence quasi obsessionnelle des éléments ajustés selon leurs propriétés chromatiques.

La démarche de Deverne n’en finit pas de dialoguer avec l’espace qui nous entoure.